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Mon bébé a de la fièvre

Posted In Healthy Children, Infant, Therapy, U & Ur Grand Child - By Dr Jamil Zogheib On Friday, April 5th, 2013 With 0 Comments

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1- Définition

La fièvre est une réaction de l’organisme face à une agression, généralement une infection (causée par un virus ou une bactérie ou autres microbes).
Chez les enfants, la fièvre peut être impressionnante et très rapidement frôler les 40° Celsius (°C). C’est le motif le plus fréquent de consultation ou de présentation en salle d’urgence.
Mais à partir de quand faut-il s’inquiéter ? Comment prendre correctement la température ? Quels sont les bons réflexes à avoir ?
Votre enfant a les joues toutes rouges, ses yeux brillent, il semble chaud au toucher sur tout le corps, n’a pas trop faim, il est grognon, pleurniche pour un rien, il est fatigué, respire difficilement… bref il n’est pas bien. Il est temps de vérifier s’il n’a pas de la fièvre.
La température (T°) des enfants varie normalement de 36° à 38° C en fonction de son activité et des moments de la journée. Elle sera plus basse le matin et plus élevée en fin d’après-midi.
En général, on considère qu’un enfant a de la fièvre si sa température (prise par voie rectale) dépasse 38° C.

2- Comment prendre la température ?

Chez les nourrissons et les enfants en des¬sous de 2 ans, on privilégiera la prise de température par voie rectale avec un ther¬momètre électronique. Entre 2 et 5 ans, on continue à privilégier la voie rectale mais on peut éventuellement aussi utiliser les thermomètres spéciaux qui prennent la température dans l’oreille. La prise sous l’aisselle reste un second choix car moins précise. La T° axillaire est 0.6°C inférieure à la T° rectale. Chez les plus grands (plus de 5 ans), on pourra commencer à prendre la température par la bouche en leur faisant bien mettre le thermomètre sous la langue.
La T° fluctue durant la journée; l’activité physique ou encore la digestion peuvent augmenter légèrement la T°.
La T° rectale est normalement entre 36.5° et 37.5°C.
Des valeurs entre 37.5°C et 38°C sont fréquentes le soir surtout si l’enfant est très actif et si la température ambiante est élevée.
On parle de fièvre lorsque la T° corporelle (prise en rectal) dépasse 38°C. On parle de fièvre élevée au delà de 39°C.
On parle de fièvre prolongée lorsque l’épisode fébrile (>38.5°C) dépasse cinq jours chez le nourrisson, 7 à 10 jours chez l’enfant.
On parle de fièvre à répétition lorsque les épisodes de fièvre sont entrecoupés de périodes d’apyrexie de plusieurs jours ou semaines.
La fièvre aiguë est une fièvre qui est apparue depuis moins de cinq jours et qui n’est pas répétitive.
L’hypothermie existe lorsque la température corporelle est inférieure à 35°C. Elle peut être le signe d’une infection grave chez le nouveau-né et le petit nourrisson.

3- Aspect clinique

Une fièvre chez un nourrisson de moins de 6 mois devra toujours faire l’objet d’un bilan, voire d’une surveillance, alors qu’au delà de six mois, le médecin pourra plus se baser dans un premier temps sur son seul examen clinique (dès 3 mois pour un pédiatre expérimenté).
La fièvre est souvent remarquée lorsque la T° est déjà élevée, elle est souvent le premier signe de la maladie. L’enfant est «moins en forme», et son état général est plus ou moins sévèrement affecté. Une atteinte de l’état général est bien sûr un signe de gravité, évoquant une infection bactérienne sévère; pneumonie, sepsis urinaire, septicémie, méningite, arthrite… Les frissons sont des tremblements qui évoquent une décharge septique. Elle peut s’accompagner de choc septique: mauvaise coloration des extrémités, prolongement du temps de recoloration, teint grisâtre, tachycardie.
Un retour à la normale de l’état général après une baisse de la T° (suite à bain tiède, prise d’un antipyrétique), peut être un signe rassurant, ou à l’inverse un signe de gravité dans le cas contraire.
Posez-vous la question: « lorsque la fièvre tombe, est-il de nouveau en forme ?»
D’autres signes peuvent parfois accompagner une fièvre élevée, et disparaître avec elle: méningisme ou raideur relative de la nuque chez un enfant hautement fébrile, qui disparaît avec la baisse de la T°. Cependant, seul un médecin expérimenté est à même de distinguer un méningisme d’une véritable méningite.
La fièvre peut aussi entraîner céphalées, vomissements, érythrose, fatigue, perte d’appétit. La fièvre augmente les besoins hydriques de 10cc/kg/ degré. Une déshydratation est donc possible, d’autant plus qu’il y aura d’autres pertes (tachypnée, gastroentérite…)

4- Causes de la fièvre

Seules les causes de la fièvre aigüe les plus courantes chez l’enfant vont être développées.
Avant tout, procéder à éliminer une pseu¬do fièvre? Vérifier vous même la T°- nécessité de la quantifier précisément- parfois, elle n’a pas été prise. Fièvres simulées toujours possibles.
La fièvre infectieuse est l’étiologie la plus fréquente, à considérer/ exclure en premier lieu. Virale, ou bacté¬rienne.
La fièvre infectieuse d’origine virale est la cause la plus fréquente: aucune antibiothérapie n’est bien entendu nécessaire…

– Chez le nourrisson de moins de trois mois 10% des infections sont d’origine bactérienne (2.5 % de méningite). Infec¬tions urinaires les plus fréquentes ou septicémie néonatale, transmise de la mère ou de la communauté selon les bactéries retrouvées.
– Chez le nourrisson âgé plus que 3 mois, les causes les plus fréquentes sont:
– ORL: otite, angine
– Virose : rhinite, rhinopharyngite, maladies éruptives
– Pulmonaire: bronchite, pneumonie
– Pyélonéphrite aiguë (infection urinaire)
– Gastro entérite
– Osseuse, articulaire…

5- Considérations générales pratiques

a- Il faut comprendre que la fièvre est un phénomène bénéfique contre les microbes! L’organisme lutte contre les virus et les bactéries en augmentant sa température pour les tuer!
b- Le seul but de baisser la fièvre sera le confort de l’enfant et le mal de tête qu’elle cause.
c- La fièvre ne cause pas de dégâts sauf une déshydratation si l’enfant ne boit pas assez ou s’il vomit. A l’encontre des croyances populaires, le cerveau n’est pas altéré par la fièvre habituelle, et les signes neurologiques simples, telles que la somnolence et la céphalée, disparaitront dès la baisse de la fièvre. Alors que les signes neurologiques majeurs ne sont rencontrés que dans quatre situations :
– La fièvre majeure où la t° dépasse 41 °C (et non pas 40.1 °C) et dans ce cas on fait un choc, à cause des vomissements et de la déshydratation. Elle est habituellement vue dans des situations classiques de fièvre, mais avec surchauffe (enfants trop couverts ou un coup de soleil).
– La fièvre maligne où la T° dépasse 42 °C et cette situation existe dans le seul cas de l’allergie à l’anesthésie générale, phénomène familial inné qui n’est pas lié à une infection et qui pourrait être reconnu avant par un test sanguin spécifique demandé en préo¬pératoire en cas de doute.
– Les convulsions fébriles simples qui surviennent chez les enfants
entre six mois et six ans, qui ont souvent une histoire familiale identique. Ces convulsions ne sont pas liées au degré élevé de la fièvre, mais plutôt à la vitesse avec laquelle ce degré a été atteint. Ces convulsions sont auto limitées surtout et ne laissent aucune trace après et ceci dans presque la totalité des cas.
– Quand la fièvre est associée à des vomissements fréquents et/ou des signes neurologiques graves tels qu’un mal de tête insupportable, une perte de conscience ou des convulsions persistantes, il faut craindre, guetter et traiter une infection méningée, cérébrale ou cérébelleuse à l’origine de la fièvre.

5- Quand s’inquiéter devant une fièvre ?

Il faut consulter un pédiatre ou les urgences si ce dernier n’est pas disponible ou absent :
a- Si la fièvre est accompagnée de signes neurologiques.
b- Si l’enfant a moins que six mois.
c- Si la fièvre est associée à des vomissements répétés et/ou une diarrhée profuse.
d- S’il y a une perte de l’appétit ou de l’activité ; bref un enfant qui ne va pas bien selon la mère.
e- S’il y a des pleurs incessants.
f- Si elle ne baisse pas facilement.
g- Si elle s’accompagne d’une éruption qui pourrait être :
– Un érythème qui disparait à la pression par le doigt.
– Des pétéchies qui ne disparaissent pas à la pression parce qu’elles traduisent une hémorragie sous la peau, et ceci néces¬site une consultation urgente.
h- Enfin si malgré le traitement, la fièvre persiste plus de 3 jours, ou même avant si votre enfant ne va vraiment pas bien, il est impératif d’aller consulter rapidement.

6- Comment traiter une fièvre ?1222707320941Original
a- Tout d’abord, il ne faut pas paniquer. ;<
La fièvre peut baisser toute seule et sans aucune mesure après avoir atteint son pic.
b- Le meilleur traitement contre la fièvre est le bain d’eau. La température optimale de l’eau doit être de 2°C au-dessous de la fièvre. Si l’enfant ne supporte pas le bain, on peut le remplacer par son enroulement dans une serviette de bain mouillée. L’eau de bain et la serviette sont à changer fréquemment, chaque fois qu’elles deviennent chaudes. A la rigueur, les pansements d’eau ou de glace peuvent faire l’affaire, mais il faut insister sur le cuir chevelu car il est riche en vaisseaux sanguins, et sur le cou, les aisselles et les aines car dans ces régions il y a le passage de gros vaisseaux, et dans les deux cas l’échange de chaleur sera plus important. Ces manoeuvres se prolongeront jusqu’à la baisse de la fièvre et pourront être répétées à la demande, même si l’enfant est grippé ou en train de tousser.
c- Les médicaments qu’on utilise comme antipyrétiques sont de deux genres qu’on peut alterner plutôt qu’administrer au même moment :
– Le paracétamol (panadol, calpol, adol…) ou son dérivé l’acétaminophen (tylenol, tempra…).
– Les anti inflammatoires non stéroïdiens (AINS) surtout l’ibuprofen (advil, profi¬nal…) ou autres AINS (toprec, voltarène, nifluril…). L’aspirine qui est également un AINS, mais qui, depuis quelques années, est moins utilisé chez l’enfant.
En cas de varicelle, il faut préférer le paracétamol et éviter les anti-inflammatoires non-stéroïdiens ou l’aspirine. N’hésitez pas à demander conseil au pédiatre qui connaît bien votre enfant et qui saura vous dire ce qui est le mieux pour lui.
– La forme orale sera de préférence quand elle est possible, car l’absorption du produit dans le cas des suppositoires, serait aléatoire.
– Il faut respecter les doses et leur intervalle. La dose de ces médicaments est calculée non pas selon l’âge mais selon le poids, et il faut se référer au médecin pour la connaître, car elle peut changer avec le temps.
– Il faut faire attention à la concentration du produit dans les médicaments qu’on donne, et surtout il faut les laisser hors de la portée des enfants qui, à cause du bon goût des sirops, pourraient avaler des doses toxiques.
– Il faut bien vérifier pour les suppositoires, qu’elles sont de type «enfants » et non « adultes ».
– Il faut noter l’heure de prise de la dernière dose et, si possible, la personne qui l’a donnée, pour ne pas multiplier les doses.
d- Toujours durant la fièvre, il faut laisser l’enfant découvert, même en cas de frissons, où on peut le couvrir avec un simple drap. Ceci pour éviter une majoration de la fièvre, et ne réchauffez pas la chambre.
e- Bien sûr il faut donner à boire plus fréquemment, pour éviter une déshydratation.
f- Eviter les pansements alcoolisés et les frictions d’alcool, méthodes longtemps utilisées avant, car l’alcool peut irriter la peau, qui est capable de l’absorber par ailleurs, comme il risque d’élever la température.
g- Toujours se souvenir que les antibiotiques ne sont des médicaments contre la fièvre, mais contre les bactéries. Puisque la majorité des infections (80 à 90 %) chez les enfants sont dues à des virus, c’est aux médecins seuls de juger de leur utilité. Leur usage abusif aboutira à l’émergence de bactéries multi résistantes capables d’infecter, pas seulement les enfants, mais tous les membres de la famille, provoquant des infections difficiles à traiter, et même parfois mortelles.

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