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L’enfant et la mort. Conceptions & interventions selon l’âge de l’enfant.

Posted In Dads, Moms, Parenting, Parents - By KidsMug On Monday, January 13th, 2014 With 0 Comments

 

mort

Il est essentiel, quel que soit l’âge de l’enfant, de toujours lui dire la vérité avec des mots qu’il peut comprendre. Les adultes pensent à tort que le deuil est une expérience trop bouleversante pour l’enfant. « Un enfant a la capacité de survivre à toutes les épreuves…
à condition qu’on lui dise la vérité, qu’on lui permette de poser des questions, d’exprimer ses sentiments avec ceux qu’ils aiment et bien sûr d’entretenir le souvenir de l’être cher. » Comme il a été mentionné précédemment, l’enfant, selon son âge, a une conception différente de la mort. Il vivra donc son deuil dépendamment de sa définition de la mort. Pour vous aider à accompagner l’enfant dans son deuil, il est nécessaire de savoir ce que l’enfant comprend de la mort. La documentation qui suit a été divisée selon des groupes d’âges.

L’enfant de 0 à 2 ans.

 

L’enfant âgé de moins de deux ans n’a pas les habiletés cognitives nécessaires pour comprendre la mort. Ainsi, il ne vivra pas un deuil. « Avant l’acquisition permanente de l’objet*, à 18 mois environ, le nourrisson n’a pas de notion de la perte permanente ou de la mort. »

Mais attention, même si l’enfant ne comprend pas ce qu’est la mort et s’il avait un lien d’attachement affectif avec la personne décédée, il vivra cette épreuve comme une séparation. L’enfant va « classer » la disparition de la personne défunte au même rang qu’un parent qui quitte celui-ci pour sa journée de travail. Malgré tout, l’angoisse de la séparation peut faire souffrir l’enfant. De plus, il peut aussi ressentir les émotions de son entourage. Si c’est un des parents qui meurt, l’enfant peut ressentir une profonde détresse ainsi que de l’anxiété suite à la séparation.

Interventions que vous pouvez faire :

Réconfortez l’enfant. « Seul le réconfort de la continuité semble neutraliser l’angoisse de la séparation. » Il faut offrir une stabilité à l’enfant dans son quotidien comme établir une routine. Donner de l’affection et de l’amour à l’enfant, lui donner la possibilité d’avoir des contacts sociaux sont aussi bénéfiques pour accompagner ce dernier dans son « deuil ».

 

Est-ce que l’enfant devrait aller au salon funéraire ou aller au service religieux à l’église?

Tout dépend de votre vision des choses et de vos croyances religieuses. À cet âge, l’enfant ne sera pas perturbé par les rituels religieux mais ils ne seront pas bénéfiques pour lui. Cela n’aura aucune incidence sur l’enfant. C’est à vous de choisir.

 

En conclusion…

Ces interventions sont démocratiques parce qu’elles exigent une implication chaleureuse de la part de l’adulte. En donnant de l’affection à l’enfant et en favorisant ses contacts sociaux, l’adulte contribue à développer l’amour de soi et l’estime de soi chez l’enfant ainsi que le développement de ses habiletés sociales.

L’enfant de 2 à 6 ans.

 

L’enfant de 2 à 6 ans perçoit, comme l’enfant de 0 à 2 ans, la mort comme une séparation parce qu’il ne comprend pas la fatalité de la mort. Il peut aussi interpréter la mort comme un long sommeil. Pour lui, la personne décédée peut très bien revenir. La mort est associée à toutes choses ou à toutes personnes qui s’en vont ou disparaissent. Ainsi, c’est durant cette période que l’enfant enterre des animaux morts avec de la nourriture. L’enfant tente également de différencier ce qui est vivant et ce qui est mort. Celui-ci va croire que tous les objets qui bougent sont vivants. De plus, l’enfant vit une phase d’égocentrisme* durant cette période.
Puisque ce dernier ramène tout à lui, il peut croire, par exemple, que sa tante est décédée par sa faute parce qu’il était fâché contre elle. C’est aussi à cette période que l’enfant personnifie la mort comme un monstre ou tous autres personnages. Cela signifie que l’enfant conceptualise la mort comme étant une force extérieure survenant n’importe quand.

 

De 3 à 6 ans, l’enfant traverse une grande période de questionnement. C’est la fameuse phase du « Pourquoi? ». Durant ce laps de temps, l’enfant cherche à comprendre son environnement et le monde qui l’entoure. En effet, ce dernier éprouve une curiosité envers la mort et il peut poser un grand nombre de questions à l’adulte sur le sujet. Puisque l’enfant ne voit pas une fatalité en la mort, il se demandera ce qui se passe suite au décès d’une personne. Où va-t-elle? Qu’est-ce qu’elle va y faire? Pourquoi? Également, durant cette période, l’enfant se préoccupe davantage de l’image de son corps et il a peur de la mutilation. Cette peur fait en sorte qu’il va accorder une importance particulière aux soins apportés à la dépouille. Enfin, le développement cognitif de l’enfant de 2 à 6 ans ne lui permet pas encore d’avoir une pensée logique qui lui permettrait de bien cerner la mort.

 

Interventions à faire :

Réconfortez l’enfant. Offrez-lui votre soutien affectif et soyez disponible pour lui. Soyez également à l’écoute. Mettez l’enfant à l’aise pour qu’il puisse exprimer ses émotions sans le pousser ni le brusquer. Certains enfants ne réagissent pas immédiatement suite au décès alors il est important de leur donner du temps. Faîtes-lui comprendre que vous serez là quand il aura envie de se confier.

 

Est-ce que je vais mourir moi?

Si l’enfant vous pose cette question, il est important de lui répondre la vérité. « Oui, tu vas mourir un jour parce que tout le monde meurt. Je ne sais pas quand parce que personne ne le sait. »

 

Où vont les personnes après la mort?

Si vous le désirez, vous pouvez introduire l’enfant à vos propres croyances mais il faut que les explications soient simples, précises et concrètes. L’enfant ne comprendra pas un contenu trop philosophique ou abstrait. « Moi je crois que les gens vont au ciel quand ils meurent. » Vous pouvez aussi avouer votre propre ignorance. « Je ne peux pas te l’expliquer. Je ne peux même pas te dire s’il y a quelque chose après la mort. Certains croient que les gens vont au ciel, d’autres pas. Cela dépend des gens. Beaucoup espèrent qu’il y a quelque chose. »

Puisque l’enfant peut être égocentrique, il faut lui donner des explications qui se rapportent à sa personne. « Toi, tu ne peux plus le voir, mais tu en gardes un souvenir dans ton cœur et dans ta tête. Pour le mort, c’est la même chose. Il va toujours se rappeler de toi. Mais il ne peut plus te voir comme toi et moi on se regarde actuellement face à face. » Peut-être que l’enfant peut se sentir responsable de la mort de la personne. Il est important de lui faire comprendre que ce n’est pas le cas.

Est-ce que l’enfant devrait aller au salon funéraire ou aller au service religieux à l’église?

À moins que l’enfant manifeste le désir de ne pas y aller, oui il devrait. L’enfant participant aux rituels entourant la mort peut en retirer des bénéfices. Il ressentira tout le soutien de la famille et ne se sentira pas exclus de celle-ci.

 

En conclusion…

Ces interventions sont démocratiques car elles offrent des choix à l’enfant ce qui favorise le développement de l’autonomie et qu’elles exigent une implication chaleureuse de l’adulte. En invitant l’enfant à se confier, l’adulte permet à celui-ci de développer sa capacité à verbaliser. En effet, l’enfant apprend à mettre des mots sur ce qu’il ressent. En respectant la décision de participer ou non aux rituels, l’adulte contribue à développer la capacité d’agir de l’enfant.

L’enfant de 7 à 12 ans.

 

L’enfant, à partir d’environ 7 ans, comprend davantage le phénomène de la mort. Il sait la plupart du temps distinguer les choses vivantes et celles qui ne le sont pas. L’enfant sait aussi que la mort est irréversible. C’est aussi à cet âge que l’enfant prend conscience qu’il est mortel. Malgré cela, il ne perçoit pas encore le caractère inévitable de la mort et situe sa propre mort dans un avenir très lointain. Durant cette période, l’enfant ne pose plus autant de questions. Il a tendance à refouler davantage ses émotions. Évidemment, chaque enfant a une réaction émotive personnelle suite à un décès « depuis le retrait silencieux, l’isolation et l’immobilité jusqu’aux manifestations hystériques et aux crises de larmes. »

 

C’est vers 9 ou 10 ans environ que l’enfant atteint une conception « adulte » de la mort. « La mort et la vie sont considérées comme des processus internes qui s’appliquent aux humains, aux bêtes et aux plantes. » À ce moment, l’enfant s’intéressera davantage à l’aspect biologique de la mort et sera curieux envers les causes de la mort de ses proches.

Interventions à faire :

Puisque l’enfant pose moins de questions, il est primordial de lui offrir la possibilité d’exprimer son chagrin. « Dans un moment de deuil, les enfants ont besoin du support social des gens qui les aiment; ils ont besoin d’attention et de considération. » Les enfants en deuil ont besoin d’adultes sensibles et compréhensifs qui sauront les écouter. L’enfant peut poser des questions sur la cause du décès de la personne. Il est important de lui dire la vérité. C’est sa façon de comprendre la mort.

 

Est-ce que l’enfant devrait aller au salon funéraire ou aller au service religieux à l’église?

Oui. Une visite au salon funéraire ou à l’église donnera l’occasion à l’enfant de « ventiler » ses émotions, de vivre son deuil avec des personnes qui lui sont chères et de se sentir supporté. Cela permet aussi de « participer aux émotions de la famille. » Bien entendu, il faut respecter l’enfant qui ne veut pas participer. Il peut participer autrement au deuil de sa famille comme en choisissant les fleurs, en écrivant un mot, un poème, en faisant un dessin, etc.

 

En conclusion…

Ces interventions sont démocratiques car elles nécessitent une implication chaleureuse de la part de l’adulte, qu’elles offrent des choix à l’enfant et que l’enfant est considéré comme un “partenaire” au sein de sa famille. L’adulte invite l’enfant à verbaliser ses émotions en lui offrant son écoute. En apprenant à communiquer ses émotions et ses sentiments, l’enfant acquiert des habiletés sociales. En variant ses moyens de participation aux rituels, l’enfant développe la capacité d’aborder la souffrance de manière créative.

Source de l’article: http://pages.infinit.net/deuil/conceptions.htm

 

 

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