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«Le suicide chez l’enfant reste rare»

Posted In Parenting, Parents - By KidsMug On Tuesday, January 28th, 2014 With 0 Comments

 

 

depression

Après le suicide d’une enfant de 9 ans à Lyon, le pédopsychiatre Stéphane Clerget* explique au figaro.fr que la mort reste, pour l’enfant en bas âge, une notion très abstraite.
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LEFIGARO.FR. – Les suicides d’enfants sont-ils fréquents ?
Stéphane Clerget. – Non, le suicide chez l’enfant est quelque chose de rare. Nous n’avons pas de chiffres car cela reste délicat à évaluer. Il est difficile de faire la part des choses entre suicide et accident. Dans le cas du suicide de l’enfant à Lyon, c’est la lettre qu’elle a laissée qui permet de conclure à une mort volontaire. Sans lettre, on aurait très bien croire à un accident : des enfants qui se penchent trop du balcon, cela peut arriver.
Stéphane Clerget est pédopsychiatre à Paris.Stéphane Clerget est pédopsychiatre à Paris.
Les suicides surviennent-ils plus tôt qu’auparavant ?
Il y a deux possibilités. On peut se dire qu’effectivement, les jeunes se suicident de plus en plus tôt parce qu’ils souffrent plus, parce qu’il y a une moindre vigilance. Mais en même temps, on peut aussi penser que l’on a cette impression-là parce que l’on met davantage de mots là-dessus. De nos jours, on reconnaît davantage qu’il s’agit de suicides, alors qu’avant on aurait parlé d’accident, surtout les parents. Cela ne voudrait donc pas dire qu’il y a en plus qu’avant, mais peut-être qu’on en parle davantage.
Des signes peuvent-ils alerter les parents ?
Les enfants qui se suicident, contrairement aux adolescents, le font rarement de manière impulsive. Ce sont souvent des enfants déprimés, qui ont une mauvaise estime d’eux-mêmes, qui se jugent négativement. Ils évoluent dans des familles où il y a des difficultés, où dans lesquelles il y a déjà eu des tentatives de suicide. L’enfant peut être renfermé ou au contraire assez agité.
Quelle part la maladie peut-elle jouer dans la décision d’en finir ?
Dans le cas de la fillette qui vient de se suicider, on a appris qu’elle était diabétique. Evidemment, une maladie chronique fragilise l’estime de soi et est facteur de dépression. Il faut également prendre en compte les traitements, et parfois leurs effets secondaires, qui peuvent agir sur l’humeur.
L’enfant, à cet âge-là, a-t-il conscience de la mort ?
Pour un enfant de moins de cinq ans, la mort est une absence temporaire, réversible. Entre cinq et huit ans, ce qui est mort, c’est ce qui est insensible, immobile. A partir de huit ans, la mort commence à être reconnue comme quelque chose d’irréversible. Parfois, chez certains enfants, cette réalité-là peut même survenir plus tôt.
Pour autant, l’enfant comprend-il réellement la portée de son geste ?
Même si à huit ans, l’enfant peut comprendre, je pense néanmoins qu’il est moins mâture que l’enfant ne l’était autrefois. Aujourd’hui, il est beaucoup moins associé à la mort réelle. Autrefois, les enfants assistaient aux obsèques et veillaient les morts à la maison. A la campagne, ils étaient beaucoup plus confrontés aux animaux morts. Ils rencontraient donc la mort physiquement, concrètement. Aujourd’hui, la mort est quelque chose de très abstrait pour eux : la mort, c’est la télévision, les jeux vidéo. Donc même s’ils peuvent savoir que c’est irréversible, cette notion peut rester, à mon avis, assez floue dans leurs esprits.
Comment interpréter l’acte de défenestration ?
Quand on entend ce terme, il y a priori l’idée de s’échapper, de s’envoler, de se libérer de quelque chose. Et pas forcément celle de s’écraser sur le sol. On peut voir ça comme la volonté de sortir d’une situation qui fait souffrir, et pas forcément comme un réel désir de mort.
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