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L’amour de la mère et l’identité de l’enfant

Posted In Infant, Moms - By Ptits Bourgeons On Thursday, November 20th, 2014 With 1 Comment

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Le texte suivant parle de l’amour maternel et comment il imprègne le développement de la personnalité de l’enfant. Nous aborderons le sujet d’après le pédiatre psychanalyste Donald Winnicott et cela en 2 parties. La première partie traitera de l’importance d’un bon maternage, alors que la 2 ème partie portera sur le rôle de ce maternage quant au développement de l’enfant et l’accès à son identité.

Partie 1
Au tout début de sa vie, le bébé se retrouve dans un état de dépendance totale vis-à-vis de sa mère. En effet, il a besoin d’un minimum de bons soins maternels pour pouvoir survivre, mais la vie reste une série de séparations et de manques, une série de séparations qui se répète dans toute situation de perte (perte réelle ou symbolique). A l’accouchement, l’enfant est retiré du ventre de sa mère, lors du sevrage, il est presque arraché de son sein, il commence à marcher et doit lui lâcher la main, il accède à la propreté et doit renoncer aux premiers soins maternels… Et oui chère maman, ce n’est qu’en se séparant de vous que votre petit accèdera à son identité et pourra dire « JE ».

Séparations et manques commencent donc très tôt dans la vie de l’enfant. Comment va-t-il s’en sortir, se construire et se vivre comme une personne entière, une entité à part ?
Tout commence très tôt dès les premiers mois de la vie de l’enfant, ceci à travers la qualité des soins que le nourrisson reçoit de sa mère, à travers le maternage qui lui joue un rôle très important dans le développement psychique de l’enfant et qui le rassure quant aux angoisses intenses vécues au cours des premières phases de son développement affectif.
Donald Winnicott, pédiatre et psychanalyste, parle de HOLDING et de HANDLING. Le holding est la façon de porter et de contenir l’enfant, alors que le handling représente la continuité des bons soins dont il bénéficie. Ce sont deux processus de base qui permettent l’accès à la maturation chez l’enfant et lui donnent un sentiment de confiance en lui-même et en l’autre, ce qui permet une bonne construction de sa personnalité.
Cela suppose donc un lien nécessaire qui fonde la relation du bébé à sa mère dans les premiers mois de sa vie. Selon Winnicott, « une bonne mère sait intuitivement apporter à son bébé ce qu’il désire : un changement de position, le sein ou le biberon… Elle a une intuition très juste concernant les soins du bébé qu’elle acquiert par la capacité qu’elle a à s’identifier à son enfant. Le bébé aussi se développe en s’identifiant à sa mère. Il a le sentiment de ne faire qu’un avec elle. C’est ce sentiment qui permet au bébé d’exister ».
C’est alors que nous pouvons parler d’un bon maternage.

De quoi s’agit-il ?
Tout bébé bénéficierait d’une « mère suffisamment bonne » qui sait donner des réponses équilibrées à ses besoins, c’est-à-dire ni trop ni trop peu. On l’oppose non seulement à une mère « pas assez bonne », qui laisserait l’enfant dans la souffrance, l’angoisse et la carence, mais également à une mère « trop bonne », c’est-à-dire une mère qui devance les besoins de l’enfant et qui ne lui laisserait pas ainsi un temps et un espace suffisants pour ressentir le manque indispensable à sa constitution.

Nous nous retrouvons dans ce cas de figure face à une mère angoissée, qui en exagérant les soins donnés à l’enfant pour se rassurer elle-même et croyant contrôler ainsi les frustrations de l’enfant, entrainerait celui-ci dans un excès de maternage. Comme nous l’avons dit plus haut, Ce « trop » vient empêcher la frustration nécessaire au développement de l’enfant boquant ainsi la naissance de sa pensée. De ce fait, il reste maintenu dans une bulle qui colmate son manque et le plonge dans une illusion de toute puissance. Une mère trop bonne serait une mère qui vient contrôler, une mère angoissée, une mère qui empêcherait l’enfant d’exister.
Il n’en est pas moins que ce « trop », cette phase d’illusion est nécessaire aux tous premiers mois, mais cela deviendrait aliénant si cette phase dure trop longtemps.

On va s’arrêter sur cette notion qui va être développé dans la seconde partie de l’article.

Partie 2
Comme nous l’avons précisé dans la première partie de l’article, l’enfant dans les premiers mois de sa vie est dans une phase d’illusion, de toute puissance vis à vis de sa mère qui elle se dévoue totalement à lui.
Que se passe- t-il alors pendant cette phase d’illusion ?

Au début l’enfant n’a pas conscience des limites de son corps ni de celui des autres. Quand il a faim, ce sein qu’il pense faire partie de lui semble apparaitre magiquement. L’enfant est dans une illusion d’omnipotence que la mère encourage à travers ce qu’on appelle la « préoccupation maternelle primaire », ce qui représente l’état de la mère pendant la grossesse et plusieurs semaines après la naissance. Qu’est-ce alors la préoccupation maternelle primaire ? C’est une sorte d’hypersensibilité très aigue à l’enfant et à ses besoins, l’équivalent d’un état de repli, de dissociation, de fugue vis à vis de la réalité pendant laquelle elle est en adéquation totale avec son bébé. La préoccupation maternelle primaire fournit à l’enfant les conditions nécessaires à son développement. L’essentiel des pensées maternelles va au confort du nouveau-né. Il s’agit pour la maman de développer une intuition concernant les besoins de son enfant, de s’adapter à la vie avec un enfant et d’adapter celui-ci au monde nouveau qu’il découvre à travers elle. Une femme en bonne santé physique et mentale peut à la fois atteindre cet état et l’abandonner quelques longues semaines après la naissance de l’enfant.

Ainsi, la mère suffisamment bonne sera celle qui pourra petit à petit introduire la frustration à son enfant, qui pourra contenir ses propres angoisses face à cette situation, qui pourra se retirer pour lui permettre de Désirer, tout en l’imprégnant de son amour. C’est ainsi que l’enfant gagne en sécurité et en confiance et pourra assoir un narcissisme sain et équilibré. Il pourra alors supporter manques et insécurités.

Une fois que la mère commence à s’adapter à son bébé et reprend progressivement ses activités quotidiennes, l’enfant se sent alors menacé et commence à ressentir le manque. Il est entre l’illusion et la désillusion, entre l’omnipotence et la réalité, un espace que nous appelons l’espace transitionnel. C’est un espace de jeu dans lequel l’enfant se découvre, et gagne en autonomie, développe sa créativité et fait l’expérience des limites de son corps. Cet espace lui permet de supporter l’éloignement avec sa mère et de supporter l’affect pénible qui l’accompagne. Il l’aide à comprendre que maman va revenir. Cet aller-retour de la mère qui ne cessera de se répéter permettra à l’enfant de contenir l’angoisse de séparation et facilitera ainsi l’accès à la permanence de l’objet. L’enfant comprendra que même si maman n’est pas physiquement présente, elle l’est psychiquement, c’est-à-dire elle est présente à l’intérieur de lui.

L’enfant utilise très souvent pendant cette période un doudou (un drap, une peluche, une musique, une atmosphère…) pour combattre l’absence de sa mère. Il admet sa dépendance, ressent le manque et peut investir un objet de son choix qui est sa façon à lui de la garder présente et de se sentir en sécurité.

C’est ainsi que l’enfant commence à développer sa capacité à être seul, sans la présence de la mère, avec le doudou. Cependant, cette capacité évolue, elle se fait dans un deuxième temps lorsque l’enfant commence à jouer seul et a être créatif mais cette fois ci en présence de la mère. De cette façon, l’enfant s’autorise à se séparer de la mère et commence à accéder à un début d’indépendance. Grace à ce processus de séparation, il acquiert une entité propre, individualisée et séparée de l’entité de sa mère.

Tout au long de ce processus évolutif de maturation, l’enfant qui a commencé à exister dans le regard de la mère, construira son identité, il est vrai à partir du regard de celle-ci, mais une identité propre à lui bien différente de celle de sa mère.  Ce processus de séparation se fait progressivement quand la mère revient à sa réalité de tous les jours c’est-à-dire quand elle n’est plus en fusion avec l’enfant, celui-ci n’est plus a un stade où il est le seul à la combler. L’objet de désir de la mère n’étant plus uniquement l’enfant, ses préoccupations habituelles peuvent reprendre leur place.

Le père qui était présent mais mis à l’écart de la bulle mère-bébé retrouve ainsi petit à petit sa place auprès de la mère et une nouvelle place auprès de l’enfant. En effet c’est la mère qui lui redonne cette place puisqu’elle le réintroduit dans son espace psychique en tant qu’objet de son désir et le rend ainsi représentant du tiers séparateur entre elle et l’enfant. C’est ainsi qu’elle attribue au père la fonction d’autorité et de loi, celui qui interdit l’accès incestueux à la mère.

Il est donc vrai qu’il existe une phase, un moment, une étape où la mère et le bébé vivent cette relation unique et extraordinaire mais il ne faudrait surtout pas sous-estimer l’importance du père. Celui-ci reste un des maillons essentiels de cette relation à trois : père-mère-enfant. Il représente un des éléments principaux pour un développement sain et épanouissant et permet ainsi à l’enfant une bonne distribution de ses identifications. Ainsi l’enfant passe des bras tendres de maman à la force sure de papa.

About the Author

- Les p’tits bourgeons, fondée par Dima Tabbara, psychologue clinicienne de formation, est une garderie pour les enfants entre 6 mois et 4 ans, qui croit fermement à l’importance de la qualité de l’éducation, au niveau personnel et académique, durant les premières années de la vie de l’enfant. Pour cette raison, nous veillons à ce que votre enfant soit respecté, pris en charge et surtout aimé pour qu’il puisse donner le meilleur de lui-même. Nous l’encourageons à développer une image positive de lui-même pour qu’il puisse tenter ses expériences et accéder à une autonomie.